Étiquettes
Avec la poursuite de la guerre en Iran, les taux des crédits immobiliers pourraient monter de 5 à 10 centimes en avril, selon La Banque Postale, les faisant passer de 3,30% à 3,35% ou même à 3,40%. La durée du conflit déterminera la suite des événements.
Bis repetita ? Avec la très forte hausse des prix du pétrole et du gaz qui finissent tôt ou tard par impacter toute l’économie, la guerre en Iran fait craindre un nouvel épisode inflationniste, toujours très pénalisant pour le marché de l’immobilier. Le dernier en date a fait suite au début des hostilités en Ukraine, et a entraîné un violent coup d’arrêt en 2022, jusqu’en 2024. Avant cet épisode, “les taux des crédits à l’habitat étaient en moyenne à 1% en 2021. Avec l’inflation, ils sont montés à 4,1% en moyenne début 2024. Un choc massif, qui a amputé le pouvoir d’achat immobilier de 25% à 30%”, expliquait mardi 24 mars, Corentin Ponton, responsable de la prévision à La Banque Postale. Depuis, les taux se sont normalisés et ils sont retombés à 3,1% en moyenne en 2025. Mais ils sont déjà repartis à la hausse en 2026, le Crédit logement anticipant (avant le démarrage du conflit) des taux moyens aux alentours de 3,3% à 3,4% pour l’ensemble de l’année. En février, comme en mars, ils tournaient déjà autour de 3,25% à 3,30%.
L’OAT 10 ans au plus haut
Mais quid en avril, alors que la guerre en Iran bat son plein ? Vont-ils repartir à la hausse ? Il y a hélas des chances… L’obligation assimilable du Trésor à 10 ans (l’OAT 10 ans), qui représente le taux auquel l’Etat Français emprunte à 10 ans sur les marchés, a bondi depuis le déclenchement des hostilités : à 3,34% le 27 février, la veille de l’entrée en guerre, elle est passée à 3,86% le 20 mars et à 3,75% le 23 mars. Généralement les banques empruntent au même taux que leur État d’origine. Pour les banques françaises le coût du crédit à 10 ans s’est donc enchéri et il y a des fortes chances qu’elles répercutent ce mouvement à leur tour sur les clients à qui elles prêtent. C’est pour cette raison que l’on dit que l’OAT 10 ans sert de référence aux banques pour fixer les taux de leurs crédits immobiliers. Avec une telle hausse de l’OAT 10 ans, les banques devraient bouger.
Jusqu’à 3,40% en avril
“Regarder le taux de l’OAT est un bon proxy pour connaître la hausse des taux des crédits immobiliers”, confirme Laurent Bortoli, directeur crédits à La Banque Postale. Depuis le début de la guerre en Iran, “on a pris plus de 40 centimes, dit-il encore, mais les taux ne vont pas monter de 40 centimes en avril, il y a un lissage. L’ajustement sera léger, on peut imaginer une hausse de 5 à 10 centimes le mois prochain”. Et donc passer de 3,30% à 3,40% en avril. “Si le conflit dure, la tendance haussière sera plus longue, mais si la désescalade est rapide, les taux pourraient se détendre”, conclut-il. C’est vrai que le printemps est une période importante pour les banques en matière de crédit immobilier et si le conflit devait s’arrêter rapidement, la concurrence à laquelle elles se livrent traditionnellement à cette période pourrait reprendre le dessus, au plus grand bénéfice des emprunteurs. A suivre.