Revalorisation des pensions, montant des retraites ou du minimum vieillesse, droit à la pension de réversion… Comme tous les ans, il a des changements votés dans le cadre du budget de la Sécu ou par les caisses de retraite elles-mêmes, qui modifient les droits et notamment le montant de la pension de retraite. Revue de détails.

Pas de révolution en 2021, on ne bascule pas dans un nouveau régime de retraite en points par exemple. La réforme des retraites initiée par Emmanuel Macron est au point mort, mise à mort par le Covid. Votée en 1re lecture à l’Assemblée nationale fin février 2020, elle ne devrait pas aller plus loin en l’état. On peut donc l’oublier. A ce stade et jusqu’à nouvel ordre, nous conservons l’existant, tel qu’il est, avec nos 42 régimes de retraite et leurs règles souvent différentes. Mais, comme tous les ans, il a des changements votés chaque fin d’année dans le cadre du budget de la Sécu ou par les caisses de retraites elles-mêmes, qui modifient les droits et notamment le montant des pensions de retraite. 

Voir ma chronique du 19 janvier 2021 sur ce même thème, dans l’émission BFM Patrimoine, sur BFM Business, en cliquant sur ce lien –>> « Retraite : tout ce qui change en 2021 »

Quelle revalorisation pour les retraites en 2021 ?

Comme chaque année, la somme que perçoit le retraité est revalorisé de la hausse des prix. Le montant de la hausse est voté dans le cadre du budget de la Sécu adopté chaque fin d’année par le Parlement. Cette année, les pensions des retraités sont revalorisées de 0,4%. Pour une pension de 1382 euros nets par mois (montant de la pension moyenne en France, selon les derniers chiffres de la Drees), la hausse correspond à … 5,52 euros par mois.

En 2021, toutes les pensions de base sont revalorisées à hauteur de 0,4%, quel que soit les revenus des retraités concernés. Cela n’a pas toujours été le cas. En 2018, le gouvernement, pour faire des économies, avait décidé de désindexer les pensions pour 2019 et 2020 à 0,3% (au lieu du montant plus élevé de l’inflation). Mais devant le tollé général que cela a provoqué et notamment la colère des Gilets jaunes, la mesure a été pleinement appliquée en 2018, mais adoucie en 2019 pour les plus modestes (1 % de revalorisation pour les retraités touchant une pension inférieure à 2 000 euros bruts par mois et 0,3 % pour les autres).

Attention, ce sont les pensions versées par les régimes de base qui augmentent de 0,4% en 2021. En France, il y a deux piliers dans la retraite obligatoire. C’est le premier piler, la retraite dite de base, assuré par la CNAV pour les salariés, par la CNAVPL pour les professions libérales, etc., qui fait l’objet de cette revalorisation de 0,4%. 

Pour les régimes complémentaires, c’est différent. Ils décident seuls du montant de leur revalorisation annuelle. Pour le gros du bataillon, les salariés, la caisse complémentaire Agirc-Arrco, qui revalorise ses pensions au 1er novembre, a décidé, par application de ses règles de calcul habituelles, qu’il n’y aurait aucune revalorisation au 1er novembre 2020… Elle prend notamment en compte le salaire moyen dans son calcul et avec la crise sanitaire et le chômage partiel, celui-ci a … baissé en 2020. C’est donc le gel des pensions qui a été décidé. Pour les salariés, seules la part issue du régime de base sera donc revalorisée. 

Quid pour les autres régimes complémentaires ? Ils revalorisent tous leurs pensions au 1er janvier, comme le régime de base. La revalorisation 2021 dépend des régimes et tous n’ont pas encore communiqué leur taux. A ce stade, voilà les revalorisations connues :

  • +0,4% aussi pour le régime complémentaire des artisans-commerçants, des agents d’assurances (Cavamac), des agents non titulaires de la fonction publique (Ircantec),
  • +0,5% pour la retraite complémentaire des avocats, 
  • +0,85% pour les experts-comptables et commissaires aux comptes (Cavec), 
  •  +1,3% pour les chirurgiens-dentistes et sages-femmes (CARCDSF), 
  • Plus de 1,5% pour les pharmaciens (CAVP), 
  • 0% pour les libéraux affiliés à la Cipav (une des 11 caisses complémentaires des indépendants). 

Qui sont les gagnants et les perdants ? 

Les perdants sont clairement les salariés et les libéraux de la Cipav par exemple, dont les pensions complémentaires sont gelées en 2021. Parmi les salariés, ce sont les cadres qui seront les plus pénalisés en 2021 par le gel décidé par l’Agirc-Arrco, car leur retraite complémentaire représente en moyenne deux tiers de leur pension globale. Pour les non-cadres, le gel des pensions aura moins d’impact, puisque la pension complémentaire représente seulement un tiers du total _ l’essentiel, les deux autres tiers étant versés par le régime de base. 

Les gagnants sont tous ceux qui ont une revalorisation sur leur régime complémentaire d’au moins 0,4%. Il y a d’ailleurs une catégorie dont je n’ai pas parlé parce qu’elle est spéciale, ce sont les fonctionnaires. A la différence de tous les autres actifs, il n’ont pas de régime complémentaire, ils n’ont qu’un seul et unique régime, qui leur verse l’intégralité de leur pension. Pour eux, le taux de revalorisation de 0,4% s’applique à l’ensemble de la pension. C’est donc un avantage par rapport aux salariés. Du moins, cette année. 

0,4% de revalorisation pour le minimum vieillesse

550.000 personnes modestes perçoivent ce minimum vieillesse. C’est une allocation financée par la solidarité nationale et versée aux personnes de plus de 65 ans les plus pauvres, qu’elles aient cotisé ou pas à un régime de retraite. Son montant a été revu de 100 euros depuis le début du quinquennat. Et en plus, il est revalorisé chaque année, comme de régime de base, du montant de l’inflation, soit 0,4% en 2021. Cette année, après revalorisation, il s’élève à 906,81 euros par mois pour une personne seule.  

Quid pour le calcul de la pension de retraite à proprement parler ? 

Chaque année, le montant du plafond de la Sécu change, il est revalorisé lui aussi. C’est important car il sert au calcul de toute une série de prestations sociales et notamment au calcul de la retraite de base des salariés. Un salarié qui a 62 ans (l’âge légal de la retraite), et tous ses trimestres pour partir à taux plein, recevra une pension maximale égale à 50% du plafond annuel de la Sécu de la part de son régime de base. Or, pour 2021, ce plafond n’est pas revalorisé. Il reste donc à 41.136 euros par an, comme l’an dernier. Pour ceux qui vont partir à la retraite cette année, cela veut dire qu’ils auront le même plafond que l’an dernier : 20.568/12 = 1.714 euros par mois. Voilà le montant maximum de la retraite de base pour 2021, qui est donc le même que celui de 2020. 

Les changements pour la pension de réversion 

Elle est attribuée en fonction de paramètres qui changent également chaque année. Dans la plupart des régimes, pour profiter de la pension de réversion en cas de décès du conjoint, il ne faut pas dépasser un certain plafond de ressources. C’est ce plafond qui change chaque année. 

Qui est concerné ? Ceux qui perçoivent une pension de réversion alors qu’ils sont encore en activité et pour lesquels on vérifie chaque année qu’ils sont bien sous le plafond de ressources et pour ceux qui seront veuf ou veuve cette année. Les actuels retraités ne sont pas concernés, leur droit à pension de réversion est examiné une fois pour toute au moment où ils passent à la retraite et il n’est plus remis en cause ensuite. 

Dernière précision, pour un salarié, les règles ne sont pas les mêmes entre la pension de base et la pension complémentaire. La pension de base est soumise à condition de ressources, mais pas la pension complémentaire qui est versée quels que soient les revenus du conjoint survivant. C’est pareil pour les indépendants et professions libérales : réversion soumise à condition de ressources pour le régime de base (pas pour les avocats), mais pas pour le régime complémentaire. Les fonctionnaires, eux, qui n’ont qu’un seul et unique régime, n’ont pas de condition de ressources à respecter pour bénéficier de la réversion. 

Et donc, le plafond de ressources à ne pas dépasser pour bénéficier de la pension de réversion est de 21.320 euros par an en 2021, contre 21.112 euros l’an dernier.

La validation des trimestres

Une dernière toute petite chose, le salaire pour valider un trimestre de cotisations, passe, lui, à 1537,50 euros brut, contre 1522,50 euros l’an dernier. Pour valider quatre trimestres, il faut donc avoir cotisé dans l’année pour au moins 6.150 euros. 

Mireille Weinberg