Les chefs d’entreprises se préoccupent davantage de la santé privée de leurs salariés. Avec les conciergeries médicales, ils leur offrent des services de pointe pour les accompagner dans leur parcours de soins. AXA France généralise ce service au 1er janvier et Concilio, une société spécialisée dans l’accompagnement médical, constate une forte croissance de son activité.

Avec la crise sanitaire, l’état de santé des salariés s’est invité aux premières loges, captant davantage l’attention des employeurs. Alors que traditionnellement l’entreprise estime avoir fait son maximum quand elle répond à ses obligations légales en matière de protection contre les accidents du travail et qu’elle a mis en place sa complémentaire santé, elle a, avec la Covid, été obligée de lever le voile pudique qui recouvrait la santé privée (par opposition à la santé au travail) de ses salariés. « Il ne me serait jamais venu à l’idée de m’intéresser au poids de mes salariés, mais avec la Covid et les risques accrus pour les personnes présentant un indice de masse corporelle supérieure à 30, il a bien fallu envisager cette question », avoue, un peu gêné, le DRH d’une ETI de l’agroalimentaire. Idem pour l’hypertension ou le diabète ou tout autre maladie susceptible d’aggraver l’état de santé d’un porteur du virus. 

Dans les entreprises High Tech par exemple, tout le monde a son baby-foot, ses tickets resto, sa protection sociale, son pressing livré au boulot, etc. Rares sont ceux qui ont une conciergerie médicale.

Florian Reinaud, cofondateur de la plateforme d’accompagnement santé Concilio

« Le tabou de la santé privée est en passe d’être levé. La crise sanitaire a été un accélérateur et les entreprises ont clairement pris conscience qu’elles avaient un rôle à jouer en la matière », constate Florian Reinaud, cofondateur de la plateforme d’accompagnement santé Concilio. Selon une étude réalisée par Harris Interactive pour Concilio, les dirigeants, les directions des ressources humaines, comme les représentants du personnel, sont convaincus à 95% du rôle que les entreprises ont à jouer pour améliorer la santé privée des salariés. Il est rare de trouver un tel consensus…

Productivité et engagement des salariés. « Il y a une opportunité inexploitée sur le thème de la santé privée, notamment en termes de productivité et d’engagement des salariés. Dans les entreprises High Tech par exemple, tout le monde a son baby-foot, ses tickets resto, sa protection sociale, son pressing livré au boulot, etc. Rares sont ceux qui ont une conciergerie médicale. C’est un vrai plus, quand on sait qu’un salarié perd en moyenne deux jours sur Internet à chercher des informations médicales ou des rendez-vous avec des spécialistes », poursuit Florian Reinaud. Surtout que celle de Concilio couvre les besoins de la famille des salariés au sens large : le conjoint, les enfants, mais les parents et les beaux-parents. Le salarié peut même choisir de couvrir jusqu’à 10 ayants-droit de son entourage, la nounou des enfants ou la voisine aidante de votre vieux père veuf qui habite à l’autre bout de la France, etc. « Un salarié sur cinq est actuellement aidant familial, notre offre médicale peut vraiment le soulager », selon le cofondateur de Concilio. 

Notre service de conciergerie était en pilote dans certaines grandes entreprises pendant la crise du Covid, et nous avons mesuré une forte hausse de son utilisation. Notre intuition était donc la bonne

Patricia Delaux, directrice santé et prévoyance chez AXA France

« Notre service de conciergerie était en pilote dans certaines grandes entreprises pendant la crise du Covid, et nous avons mesuré une forte hausse de son utilisation. Notre intuition était donc la bonne », dit Patricia Delaux, directrice santé et prévoyance chez AXA France. La solution de l’assureur va être déployée dans tous ses contrats santé et prévoyance collectifs au 1er janvier 2021. 

Késako. Mais alors qu’est-ce que c’est que cette conciergerie médicale ? Chez l’assureur comme chez Concilio (qui vend directement son offre aux entreprises), outre les téléconsultations médicales avec un généraliste ou un spécialiste, les salariés ou disposent d’une plate-forme où l’on répond à toutes leurs questions médicales, sanitaires ou administratives. « Notre équipe pluridisciplinaire, composée de médecins, d’infirmières ou de conseillers en économie sociale et familiale, répond à toutes les questions autour de la santé, par téléphone, par mail, par chat, qu’il s’agisse par exemple d’obtenir un conseil diététique ou psychologique, de trouver un spécialiste, d’obtenir un rendez-vous médical ou un deuxième avis en vue une d’intervention chirurgicale, de choisir de bon hôpital ou le meilleur service de soins de suite », détaille Patricia Delaux. C’est à peu de chose près la même chose chez Concilio : « nous prenons en charge le salarié ou ses ayants-droit jusqu’à la résolution complète de son problème. Il a accès aux meilleurs médecins, généralistes ou spécialistes, recommandés par leurs pairs, dans 60 pays dans le monde, nous prenons rendez-vous pour lui dans des délais records, préparons la consultation et le suivi, il a accès à la téléconsultation, à des check-up médicaux en France et à l’étranger, à un service de deuxième avis, etc. », commente Florian Reinaud. 

Chez Axa, le service de conciergerie médicale baptisé Angel est compris dans le prix de l’assurance complémentaire, mais il peut aussi être souscrit seul. Chez Concilio, l’entreprise s’acquitte d’un abonnement mensuel en fonction des prestations choisies et des zones géographiques couvertes, cela va de 5 euros par mois par salarié, jusqu’à 50 euros. 

Pour Concilio ce n’est déjà plus un coup d’essai. L’entreprise a commercialisé son offre dès 2017 et couvre désormais plus de 100 entreprises _ dont notamment Oracle, Arkea Banking Services ou encore Polyconcept _,  pour plus de 250.000 personnes couvertes dans plus de 40 pays. Elle enregistre, crise sanitaire aidant, un taux de croissance de 150% en 2020 et se félicite surtout de l’appétence des salariés pour sa conciergerie médicale. « Le taux d’adhésion ou d’inscription des salariés pour obtenir les services proposés, varie de 60% à 100% et, une fois qu’ils sont inscrits, le taux d’usage dépasse 100%, ce qui signifie que chaque salarié utilise au moins une fois nos services chaque année », selon Florian Reinaud. Presque aussi addictif que le … baby-foot.  

Mireille Weinberg

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