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Solutions immobilières, fonds obligataires à haut rendement et à échéance, mandats de gestion… Axa France met tout en œuvre pour orienter ses clients vers des produits qui offrent de meilleurs rendements que ceux du fonds garanti en euros, le tout, avec un risque mesuré ou acceptable. Démonstration.

« Cela fait plusieurs mois que nous pensons que les taux vont rester bas pour une période longue. Il n’y a pour l’heure aucun signe d’une possible remontée des taux. Le Brexit va également en ce sens et c’est un élément supplémentaire qui va faire que les taux vont rester bas », a expliqué ce matin Olivier Mariée, directeur des activités épargne et Wealth Management chez Axa France, au cours d’une conférence de presse.

Le Brexit va accompagner la baisse du rendement

Avec le Brexit en effet et dans la période d’incertitude qui s’ouvre, les investisseurs vont vers les actifs les plus surs, soit les obligations des grands Etats, comme l’Allemagne ou la France, avec pour conséquence une nouvelle baisse des taux de ces obligations là. Du coup, les assureurs qui sont de gros consommateurs de ce type d’obligations sans risque pour leurs fonds garantis en euros, en achètent à un taux plus bas, ce qui va mécaniquement moyenner l’ensemble du portefeuille à la baisse. Sans compter que les banques centrales, qui soutiennent les taux bas, vont certainement rester accommodantes et repousser leurs décisions de hausse des taux, le temps que la confusion liée au Brexit ait disparu.

Avec ou sans Brexit, les taux vont rester bas et le rendement de l’assurance-vie en euros va de toute façon céder encore du terrain. « Le fonds en euros va baisser de façon certaine de 20 à 30 points de base par an pendant au moins les trois prochaines années. Le rendement net va donc progressivement tendre vers …1% », a conclut Olivier Mariée. Rappelons que la rémunération moyenne du fonds garanti en euros, sur l’ensemble du marché, est passée de 3% en 2011, à 2,9% en 2012, 2 ,8% en 2013, 2,5% en 2014 et 2,3% en 2015 (sources AFA).

La sécurité avant tout

« Malgré tout les épargnants ont besoin de rendement. Notamment ceux qui ont constitué leur assurance-vie en 1980 ou 1990 et qui comptent aujourd’hui en tirer des revenus pour leur retraite. Comment, avec la fin du produit universel qu’est l’assurance-vie en euros, peut-on aujourd’hui générer du revenu, avec un risque mesuré ou acceptable ? », s’interroge Olivier Mariée. Et c’est en effet toute la problématique pour les assureurs. Les douze derniers mois n’ont pas épargné les personnes qui se sont aventurées sur les marchés financiers. Entre les problèmes grecs, chinois et maintenant le Brexit, la volatilité a été extrême, avec des mouvements très forts à la baisse sur très courte période. Dans ces conditions, et avec toute la meilleure volonté du monde, il reste très difficile d’orienter les épargnants vers les marchés financiers. « Avec ce qu’ils ont vécu au cours des douze derniers mois, je vous confirme qu’ils s’orientent plus naturellement vers la sécurité », selon Olivier Mariée.

Première alternative : l’immobilier

Les assureurs proposent de plus en plus fréquemment des fonds immobiliers (OPCI, SCI ou SCPI) dans leur contrat d’assurance-vie. C’est le cas d’Axa France, dont l’OPCI Axa Selectiv’Immo a collecté 220 millions d’euros du 1er janvier au 31 mars 2016, portant l’actif total de ce fonds à 1,8 milliard d’euros. Cet OPCI à dominante bureaux et commerces, est diversifié dans différents pays européens, pas seulement en France. Sur les trois dernières années la performance nette a atteint 15,42%, soit 4,90% par an en moyenne… Axa France a également lancé au 1er juin 2016, un second OPCI, Axa Selectiv ‘Immoservice, basé sur de l’immobilier de service comme des hôtels, des maisons de retraite, des résidences étudiantes, etc. 150 millions d’euros ont été collectés en quatre semaines et le fonds va être fermé fin juin.

Pourquoi un tel tropisme immobilier ? Pour procurer un meilleur rendement que celui du fonds garanti en euros, sans prendre trop de risques. Le marché de l’immobilier tertiaire (bureaux, commerces, logistique, etc.) est en effet plus rémunérateur que le fonds garanti en euros, avec un rendement minimal de 3,25% pour les bureaux au cœur du Paris des affaires, mais qui montent jusqu’à 5,50% en deuxième couronne et même jusqu’à 6,40% à Nantes ou à Strasbourg, au premier trimestre 2016 selon BNP Paribas Real Estate. Même si le marché parisien est cher une bonne diversification en Europe est source de rendement élevé. Par ailleurs, à la différence des actions par exemple, qui on l’a vu ces derniers mois, peuvent perdre plus de 10% en une semaine, le marché de l’immobilier tertiaire est beaucoup plus stable et beaucoup moins volatile. « Quand les taux d’intérêt sont au plus bas, l’immobilier, pour peu que vous soyez capable de sélectionner correctement vos actifs et de diversifier votre portefeuille d’investissement, est une alternative intéressante, dont la rémunération peut aller de 3,5% à 5% », confirme Olivier Mariée.

Seconde alternative : les obligations à haut rendement

Axa France créée également, via sa filiale spécialisée AXA IM, des fonds obligataires à échéance, comme Axa IM Maturity 2020, désormais fermé à la commercialisation. « Nous avons collecté 420 millions d’euros sur ce fonds, ce qui démontre qu’il y a une vraie demande. Nous allons lancer un nouveau fonds de ce type à la rentrée, en septembre 2016 », a annoncé Olivier Mariée. Le principe : vous achetez un panier d’obligations à haut rendement dûment sélectionnées par les spécialistes d’AXA IM et vous les conservez jusqu’à leur terme, soit en moyenne cinq ans. Comme vous les conservez en portefeuille jusqu’à leur terme, vous êtes sûr d’encaisser le rendement annoncé (les coupons), quelques soient les orientations futures du marché obligataire. Ces obligations sont dites à haut rendement, car les sociétés qui les émettent et qui empruntent sont moins bien notées que les autres, le risque qu’elles fassent faillite est donc plus grand. Mais si vous vous appuyez sur de bons connaisseurs, qui là encore sélectionnent et diversifient correctement leur risque, c’est un produit plus rémunérateur que le fonds garanti en euros et moins volatile que les marchés actions (7,5% de volatilité contre 15% en moyenne sur les marchés d’actions). Le premier fonds commercialisé par Axa France était investi sur les entreprises européennes, celui qui sera lancé en septembre le sera sur des entreprises américaines. « Nous visons une performance brute de l’ordre de 5% à 6% », selon Olivier Mariée.

Le succès des mandats de gestion

« Nous entrons dans une période compliquée pour les épargnants et où la tentation de faire des bêtises, va être grande. C’est difficile d’aller chercher du rendement dans un univers où les taux d’intérêt sont très bas. Notre rôle est d’accompagner nos clients et de trouver des solutions, en restant vigilant quant au couple rendement/risque », selon Olivier Mariée. Outre les alternatives qu’il propose en immobilier ou sur les obligations à haut rendement, l’assureur a plus généralement créée une solution de mandat de gestion, dès 10.000 euros confiés et pour un coût de 0,8% en plus des frais de gestion habituels du contrat. Selon le profil de ses clients, leurs portefeuilles sont investis et suivis par les spécialistes d’Architas, la filiale d’AXA spécialisée en sélection de fonds et en gestion d’actifs. « Nous proposons cette solution depuis 18 mois et elle rencontre un vif succès, avec une collecte de plus d’un milliard d’euros. Nos clients comme nos distributeurs sont très appétants », dit Olivier Mariée. Avec cette formule, ce sont les spécialistes d’Architas qui gèrent selon le profil de risque du client. Cela permet de faire évoluer les portefeuilles en fonction de l’évolution des marchés et de recevoir des informations régulières sur la situation des marchés.

Pour l’assureur, tout le problème est là : orienter ses clients vers davantage de rendement, sans abîmer sa marque ! Un défi pas facile, que doivent relever tous les distributeurs de produits financiers.

Mireille Weinberg

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