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Parce que les propriétaires ne savent pas dans quel placement alternatif placer l’argent de la vente, parce que les acheteurs identifient également l’immobilier comme un bon placement, et enfin, parce que les étrangers sont de plus en plus nombreux à acheter à Paris.

« Peut-on croire à une baisse des prix à Paris, sensible et durable, comme certains l’annoncent de façon incantatoire ? », s’amuse Maître Olivier Savary, notaire à Montlhéry, membre de la commission régionale des statistiques immobilières, en présentant les chiffres des notaires de Paris Ile-de-France, pour le premier trimestre 2013. Ceux qui y croyaient en seront pour leurs frais. Les prix des logements anciens dans la capitale n’ont en effet baissé que de 0,1% au premier trimestre 2013 par rapport au trimestre précédent (et de 0,5% en brut, sans correction des données saisonnières) et de 0,7% sur l’année glissante, soit du deuxième trimestre 2012 au premier trimestre 2013… Pas de quoi faire de bonnes affaires !

1. Des prix stables

Pourtant le nombre de transactions réalisées au cours de ce même trimestre dans l’ancien ont vraiment continué de baisser (-31% par rapport à la norme des années 1999-2007 et -26% par rapport au premier trimestre 2012), ce qui traditionnellement fini par entraîner une vraie baisse des prix. « Nous sommes dans un phénomène de couloir, avec des prix qui au fil des trimestres varient entre 8.000 à 8.500 euros le m2, avec une stabilisation à 8.260 euros au premier trimestre 2013 », explique maître Savary. Et le prix moyen dans la capitale est donc au premier trimestre 2013, revenu à ce qu’il était un an plus tôt. De fortes baisses ? Point.

2. Pas de placements alternatifs

Les raisons sont toujours difficiles à identifier. En tout état de cause, note maître Savary, « les vendeurs ne sont pas convaincus de la nécessité de baisser les prix, ils campent sur leurs positions. Ils sont d’autant moins pressés qu’ ils ne savent pas quel placement alternatif efficace utiliser pour placer l’argent de la vente », avance-t-il. De leur côté les acquéreurs veulent eux aussi investir dans la pierre, pour la même raison : l’absence de placement alternatif rémunérateur ! Dans ces conditions, l’immobilier parisien étant recherché et identifié comme un bon placement, les prix ne baissent pas ou très peu.

3. Les étrangers soutiennent les prix

Autre phénomène, qui même s’il est marginal, ne peut être négligé : le comportement des acheteurs étrangers. Ils n’ont pas déserté la capitale de l’Hexagone. Bien au contraire. Ils représentaient 6 ,8% des acheteurs en 2011, 7,3% en 2012, mais 9,8% au premier trimestre 2013. « L’apport de cette clientèle n’est pas étranger à la stabilité des prix à Paris », commente maître Savary. Pour l’essentiel, ils sont italiens (21%) ou américains (6%).

4. Pas de forte baisse en vue

On le sait le chiffre moyen du prix au m2 arrêté au premier trimestre 2013 (8.260 euros), correspond au prix dans les actes de ventes signés, soit ceux des visites qui ont eu lieu plusieurs mois plus tôt, et des compromis ou promesses de vente signés trois mois plus tôt. Ce chiffre est donc assez daté. Pour y remédier, les notaires de Paris et d’Ile-de-France, déterminent aussi un prix, plus prospectifs, des promesses de vente signées au premier trimestre (et qui correspondront aux actes définitifs signés en avril, mai, juin ou même juillet). Cela leur permet de nous donner l’état du marché au plus près. Selon cet indicateur avancé, donc, le prix moyen devrait baisser à Paris jusqu’en mai à 8.120 euros, avant de remonter à 8.230 euros en juillet 2013. Toujours le fameux couloir ! « Nous n’avons aucune raison sérieuse d’imaginer que les prix vont céder sensiblement et durablement au prochain trimestre », conclut maître Savary. CQFD.

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