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ENTRETIEN avec Cyril Julliard, président de la société de gestion ERAAM

Vous dites que la gestion traditionnelle n’est plus adaptée au contexte actuel de marché. Pourquoi ?

cyril ju 4Cyril Julliard. Le portefeuille traditionnel type de tous les investisseurs, privés et institutionnels, est composé d’actions et d’obligations. Historiquement, les obligations apportaient deux bénéfices majeurs à ce portefeuille : elles étaient

rémunératrices (2% à 3% au-dessus de l’inflation) et offraient une protection en cas de chute de la partie actions du portefeuille (lorsque les actions chutent, les taux baissent et donc les obligations s’apprécient). C’est pour cela que lors des 30 dernières années, un portefeuille équilibré traditionnel était très efficace, générant un rendement annuel d’environ 6% par an avec assez peu de risque.

Mais, avec des taux aujourd’hui négatifs, la partie obligataire du portefeuille traditionnel a perdu ses deux avantages en même temps : sa rémunération est négative et de plus, elle ne protège plus la partie actions en cas de crise économique (les taux ne peuvent plus baisser et donc le prix des obligations ne peut plus monter).

Quelles sont les solutions pour la gestion traditionnelle ?

C.J. Dans le contexte de marché actuel, la gestion traditionnelle n’offre aucune solution. Comme nous venons de le voir, le portefeuille gagnant des 30 dernières années est devenu peu rémunérateur et beaucoup plus risqué.

Lorsque nous entendons certains acteurs conseiller de se tourner vers des obligations à haut rendement pour compenser les taux négatifs des obligations d’Etat, nous sommes inquiets. Ces obligations dites « High Yield » sont émises par des sociétés moins bien notées que des Etats et leurs obligations se comportent alors comme des actions.  La diversification action/obligation perd toute efficacité.

Nous voyons aussi beaucoup d’investisseurs se tourner vers les actions à dividendes élevés, avec pour argument, « vous avez le rendement des actions avec le risque des obligations ». C’est non seulement faux mais très dangereux.

Tout ceci traduit l’absence de solutions proposées par la gestion traditionnelle

Comment faire son allocation d’actifs alors ?

La diversification traditionnelle n’est plus efficace et il faut privilégier la diversification par nature de risque et non plus par classe d’actif. La gestion en Performance Absolue nous paraît être la solution. Plus sophistiquée, elle consiste à acheter simultanément des titres décotés et en vendre d’autres, plus onéreux (technique dite « long-short »). Vous pouvez ainsi gagner de l’argent sans augmenter le risque directionnel de votre portefeuille.

Je suis prêt à parier que le portefeuille gagnant des 30 prochaines années comportera un peu d’actions, du cash et beaucoup de gestion « performance absolue ».

La grande révolution des dernières années, c’est que grâce aux progrès scientifiques et à la puissance de calcul, ces techniques sont devenues accessibles et transparentes.

C’est pour cela que nous venons de lancer ERAAM Premia : après avoir pendant plus de 15 ans proposé notre gestion uniquement aux investisseurs fortunés ou institutionnels, nous pouvons désormais la proposer à tous.

Votre objectif est de 8% de rendement par an sur 5 ans. Cela paraît beaucoup. Comment est-ce possible ?

C.J. Avec ERAAM Premia, notre fonds Absolute Return, notre objectif de performance est en effet de 8% l’an, sur un cycle de 5 ans, avec une volatilité égale à 8% l’an. C’est effectivement ambitieux, mais c’est ce que l’on peut espérer avec des techniques modernes, une très grande diversification (nous appliquons la technique « long-short » décrite précédemment à toutes les classes d’actifs et toutes les zones géographiques) et un peu de risque tout de même : notre fonds est calibré pour un risque de perte de 8% à 10%.

Et, pour le moment, la promesse est-elle tenue ?

C.J. Il est trop tôt pour le dire. Le fonds ERAAM Premia est commercialisé depuis le 23 décembre 2015. Nous avons déjà collecté 100 millions d’euros, nous sommes épaulés par la Financière de l’Echiquier et le fonds de place « Emergence », qui nous aide à décoller. Au 31 mai, la performance était en ligne à 3,5%, malgré des marchés très agités.

C’est une gestion qui ressemble à celle des Hedge Funds. Quelle est la différence ?

C.J. Nous sommes une société de gestion spécialisée depuis 16 ans dans la sélection des Hedge Funds et les connaissons donc extrêmement bien. Effectivement, ERAAM PREMIA UCITS permet d’accéder aux moteurs de performance des meilleurs gérants traditionnels et de Hedge funds d’une manière liquide, transparente et beaucoup plus économique, à un coût inférieur de 70% en moyenne. ERAAM PREMIA UCITS c’est 0,95% de frais de gestion annuels pour la part institutionnelle et 9% de commission sur la performance. C’est une manière de démocratiser l’accès à la gestion de performance Absolue créatrice de valeur qui était jusqu’à maintenant chère, peu transparente et peu accessible.

Propos recueillis par Mireille Weinberg

 

 

 

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