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La rémunération moyenne du fonds garantis en euros va passer sous la barre des 2% en 2016. Cela devrait encore baisser ensuite et frôler les 1,50% en 2018…

C’est devenu une habitude. Chaque année, la rémunération des fonds garantis en euros de l’assurance-vie baisse, en moyenne de 0,20% (20 points de base). Même constat en 2016, mais avec une baisse encore plus prononcée, en raison de la faiblesse historique des taux sur les marchés (l’OAT 10 ans, soit les obligations à 10 ans de l’Etat français, a passé une bonne partie de l’année sous la barre des 0,50%). Les assureurs qui possèdent près de 80% d’obligations dans leur actif général _ l’obligation est pour eux le moyen le plus sûr de faire face à la garantie du capital qu’ils offrent à tout moment sur le fonds en euros _ , subissent de plein fouet cette baisse des taux.

Sous les 2% en 2016

Car chaque année, en raison des versements nouveaux de leurs clients notamment, ils sont obligés de réinvestir entre 10% et 15% de leur portefeuille obligataire, aux conditions de marché, « soit actuellement aux taux de 1% à 1,50%, toutes obligations confondues, quand la rémunération moyenne de notre portefeuille obligataire est plutôt supérieure à 3% », explique Sylvain de Forges, directeur général délégué chez AG2R La Mondiale. Ces réinvestissements à taux plus bas, diluent mécaniquement le rendement global des portefeuilles obligataires des assureurs et par ricochet la rémunération servie aux assurés. En un an, le rendement du portefeuille obligataire de AG2R La Mondiale est par exemple passé de 3,46% à 3,19%.

Quid des prévisions de rendement du fonds garanti en euros pour 2016, du coup ? « Avec des taux obligataires aux niveaux plancher atteints en 2016, cela va baisser deux fois plus vite que par le passé, et de 40 points de base au minimum. La rémunération moyenne des contrats d’assurance-vie du marché devrait donc passer de 2,30% en 2015 à 1,90% au mieux en 2016 », selon Daniel Collignon, directeur général de Spirica (filiale du Crédit Agricole Assurances).

Plus proche des 1,50% ensuite

Et cela ne va pas s’arrêter là. Car les obligations achetées cette année aux taux moyens de 1% à 1,50% (obligations d’Etat et d’entreprises), vont rester durablement dans les portefeuilles des assureurs et elles vont donc continuer de saper la rémunération des assurés dans les années à venir. Les taux servis sur le marché risquent de tomber assez rapidement à 1,50% ou moins. La moyenne pourrait encore s’établir à 1,60% en 2016, mais elle approcherait ensuite les 1,50%, selon une prévision des Cahiers de l’Epargne. « Quelqu’un qui achète un bon contrat d’assurance-vie, va se retrouver avec une rémunération annualisée comprise entre 1,50% et 2% sur le fonds en euros dans les huit années à venir. Il est temps de diversifier son épargne et de se tourner vers des supports plus rémunérateurs », fait valoir Sylvain Coriat, directeur des assurances de personnes chez Allianz.

Les taux des marchés devraient rester bas en Europe, pendant au moins 12 ou 18 mois, selon les économistes. Ils ont repris des couleurs en cette fin d’année, avec une légère hausse (l’OAT dix ans reste cependant sous les 1%). C’est un bon signal pour les assureurs qui peuvent acheter des obligations mieux rémunérées. Cette hausse est cependant largement insuffisante pour restaurer la rentabilité des fonds en euros. En effet, tant que les taux de marchés n’atteignent pas, et on en est encore très loin, la moyenne de rendement des portefeuilles obligataires des assureurs (plus de 3% à chez AG2R La Mondiale ou plus de 3,5% chez AXA France), tous les investissements obligataires réalisés par les compagnies continuent de moyenner la performance de leurs portefeuilles obligataires à la baisse. Conclusion, le rendement de l’assurance-vie en euros n’est pas près de se redresser.

MIREILLE WEINBERG

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