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Rencontre (1) avec l’entrepreneur Français, Alexandre Mars, qui œuvre désormais au renouveau de la philanthropie. Son crédo : aider les jeunes en difficulté de 0 à 25 ans, aux quatre coins du monde. Son originalité : sa fondation audite des projets philanthropiques et délivre un label aux plus efficaces socialement. Un label rassurant pour tous les donateurs, un peu perdus dans ce monde opaque de la générosité.

alexandre

Alexandre Mars est un entrepreneur dans l’âme. Précoce. Il fonde sa première société à 17 ans et enchaîne à 20 ans, alors qu’il est étudiant à HEC, avec l’une une des premières agences de publicité interactives. Au final, il aura créé six entreprises, la dernière en date ayant été joliment vendue en 2013. A à peine 40 ans, ce serial entrepreneur ne peut pas s’arrêter là. Mais, après un tour du monde avec les siens, son épouse et ses trois enfants, au cours duquel il découvre la misère dans laquelle vivent certains enfants, il décide de se consacrer à l’amélioration de leur sort. Grand philanthrope donc. Mais comme l’entrepreneur qui sommeille en lui n’est jamais très loin, il lui faut, avant de se lancer, construire un business plan qui tienne la route. Comme il ne connaît rien au monde de la philanthropie, il consacre deux ans à la découverte du secteur. Le constat est clair : les gens donneraient davantage aux bonnes œuvres, pour peu qu’ils aient confiance en elles, qu’ils aient du temps pour faire les bons choix et qu’ils aient accès aux bonnes informations.

Auditer les projets philanthropiques

Qu’à cela ne tienne, puisqu’il faut restaurer la confiance, il crée la fondation Epic, une sorte de Standard and Poor’s de la générosité, dont la vocation est d’auditer et de sélectionner des projets qui valent la peine d’être soutenus. « Si vous décidez par exemple de participer à la lutte contre le cancer du poumon, vous trouverez devant vous près qu’une cinquantaine d’organisations. Laquelle choisir ? Quand on a trop de choix, on finit par ne plus rien choisir. C’est dommage », dit-il. Ses trois principaux critères de sélection : l’innovation sociale, l’impact social et la qualité de la gouvernance de l’organisation porteuse du projet. Avec lui, la philanthropie à l’ancienne, c’est fini ! « Certains s’imaginaient passer le cap des sélections sans être capables de présenter des … comptes audités », s’étonne-t-il. Sur 1.900 dossiers de candidature reçus au 1er janvier, la fondation Epic en a sélectionné une vingtaine en juillet. Depuis l’origine, une trentaine de projets ont obtenu le « label Epic ». Ces projets sont accessibles à partir d’un ticket d’entrée de 10.000 euros ou dollars. A ce niveau là, le donateur peut choisir le projet qu’il soutient ou préférer abonder dans le « pot commun » qu’Epic répartira au mieux entre les différentes organisations sélectionnées. Pour les plus petits dons et à partir de quelques euros, Alexandre Mars a promis d’ouvrir en décembre une plate-forme dédiée. « J’ai gagné assez d’argent pour offrir ces services gratuitement. Cela me coûte environ deux millions de dollars tous les ans », tient-il à préciser.

Le mouvement du pourcentage

Bien sûr, son action ne s’arrête pas là. Alexandre Mars s’engage sur la voie de ses grands aînés, comme Bill Gates et Warren Buffet qui ont lancé en 2010 la campagne « The Giving Pledge », visant à encourager les personnes les plus fortunées des Etats-Unis à donner au moins 50% de leur fortune à des fins philanthropiques. L’entrepreneur français vient, lui, de créer le « mouvement du pourcentage ». « Nous demandons aux entreprises de donner 1% de leurs profits », explique-il. Un mouvement déjà suivi par les fondateurs de Caudalie qui versent 1% de leurs revenus ou Alain Cojean qui donne 10% de ses profits. La philanthropie est entre de bonnes mains !

Mireille Weinberg

 

(1) Rencontre organisée par la banque Privée UBS, à Paris, au profit de certains de ses clients.

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